Une enfance choquante
La vie de Frederick Bailey (plus tard Douglass) commence en février 1818, il est né à Holmes Colline Ferme, sur le rivage de l'est Maryland, sa mère Harriet Bailey, esclave, travaillait au Cornfields Colline, le peu de chose qu'il savait de son père, c'est qu'il était blanc, il appris plus tard que son maître Captain Anthony était son père biologique.
A l'age de 6 ans il rejoint ses frères et soeurs sur la plantation Lloyd, c'est là que Frederick fut confronté à sa condition d'esclave, des enfants de 7 à 10 ans plus âgés et des deux sexes se retrouvaient nus dans la même pièce, avec pour nourriture de la bouillie de farine de mais et l'eau du sol comme boisson.
A l'age de 7 ans sa mère décède, le seul souvenir du jeune Frederick est que sa mère avait été louée à un propriétaire qui habitait à 12 km , elle venait le voir uniquement la nuit, il fallait avoir l'autorisation du maître, autorisation qu'elle ne eut jamais , elle profitait de la nuit mais devait rentrer avant le levé du jour sous peine d'être fouettée, si le maitre l'apprenait.
Mauvais traitements
En 1826, il fut envoyé à Baltimore pour travailler chez un riche armateur, Hugh Auld, cousin lointain de Captain Anthony , sa femme Sophie Auld, lui appris à lire et à écrire, Hugh mis au courant décida de s'en séparer.
En 1833, à l'age de 15 ans, Frederick est légué à Thomas Auld, fils de Hugh, les esclaves faisant parti de l'héritage comme des biens immobiliers, son nouveau maître affamait ses esclaves et les traitait pire que ses bêtes
En 1834, pour cause d'indiscipline Thomas Auld prêta Frederick à Edward Covey, un fermier qui avait la réputation de « casser de l'esclave », après un séance interminable de coup de fouet, Frederick s'échappe et demande de l'aide à Thomas Auld, celui ci l'ignore et le renvoie à Covey, il est battu de plus belle, mais Frederick trouva la force de ne pas faire apparaître ses souffrances, il résiste car il sait que ce traitement renforce sa détermination à être un homme libre.
Instinct de liberté
En 1836, après l'échec d'une tentative d'évasion vers les Etats non esclavagistes, il passa une semaine en prison, il fut libéré par Thomas Auld. Celui ci l'envoya à Baltimore où il devint calfat, en moins d'une année, il devient le meilleur employé, il touchait un salaire mais devait renverser la totalité à son maître, mais un jour Frédérick décida de ne plus reverser son salaire, son maître le fit licencier, c'était le moment Frederick savait qu'il était temps de s'en aller.
En 1838, empruntant les papiers d'un noir libre, Frederick quitta Baltimore et prit le train pour Philadelphie, il arriva à New-York déguisé en marin, Frederick se maria à Anne Murray, une domestique. Pour rendre plus difficile sa capture par des chasseurs d'esclaves à la solde des propriétaires sudistes, il changea de nom, Frederick Baily devint Frederick Douglass, il collabore au journal Libertador, une revue édité par le leader anti-esclavagiste, William Lloyd Garrison, il s'impliqua rapidement dans ce journal mais aussi au sein de la communauté noire de New-Belford où il devint prédicateur à l'église méthodiste, il s'engagea dans la bataille contre la tentative par les politiciens du sud de renvoyer par la force des noirs affranchis en Afrique
710 dollars pour la vie d'un homme
En 1841, lors d'un meeting abolitionniste , Frederick alors âgé de 23 ans, rencontra pour la première fois William Lloyd Garrison, il remarqua immédiatement le potentiel de Frederick autant qu'orateur, il lui demanda de devenir conférencier pour le mouvement.
En 1844 , Douglass décida de publier l'histoire de sa vie, le livre « The narrative of the life of Frederick Douglass » est imprimé à 5000 exemplaires, immédiatement l'autobiographie devint un best-seller.
En 1845 Douglass s'embarqua pour l'Angleterre, c'était pour lui une opportunité de parler à un auditoire anglais et d'essayer de gagner des appuis pour le mouvement anti-esclavagiste américain. En 1838, tous les esclaves à l'intérieur de l'empire britannique avaient obtenu progressivement leur émancipation et étaient désormais libres.
Automne 1846, deux amis Anglais décident de résoudre son problème d'esclave fugitif, ils l'achètent à son maître Thomas Auld sa liberté, le montant de la transaction s'éleva à 710,96 dollars.
Le 5 décembre 1846, Thomas Auld signa les papiers qui déclaraient Frederick Douglass, homme libre à 28 ans.
Retour aux U.S.A et début d'une politique virulente
En 1847, Douglass revient en Amérique, il avait quitté les Etats-Unis en auteur et conférencier respecté, il était revenu dans son pays avec une immense réputation internationale, il débutait une seconde carrière par la création d'un hebdomadaire le North-Star, ce qui marqua la fin de sa dépendance vis-à-vis de William Garrison, Douglass contestait l'idée de Garrison qui prêchait la non-violence dans sa lutte conte l'esclavage, au début de son engagement politique, Douglass prônait la non-violence, mais après l'adoption par le congrès américain en 1850 de la loi sur les esclaves fugitifs, son pacifisme disparut de ses discours, il appela à l'utilisation de la violence pour mettre fin à l'institution de l'esclavage : « les propriétaires d'esclaves, ces tyrans et despotes n'ont pas le droit de vivre, la seule façon de s'assurer que la loi sur les esclaves fugitifs restera lettre morte, c'est de tuer une bonne demi-douzaine de chasseurs d'esclaves ; qui veut être libre doit frapper lui même.
En 1852, dans un discours donné à Rochester, le jour de la fête nationale, Douglass montra comment les noirs voyaient le jour de la célébration différemment des blancs. « Qu'est-ce que le 4 juillet pour un esclave noir américain ? C'est le jour où il découvre plus que tout autre jour de l'année, la grande injustice et cruauté dont il est constamment victime. Pour lui, votre célébration est une supercherie, un mince voile dissimulant les crimes qui déshonorent une nation sauvage, il n'y a aucune nation sur terre coupable de pratiques plus choquantes et sanglantes que sont les Etats-Unis ».
Douglas continue la lutte pour les siens
En 1855, il écrivait son deuxième livre : Bondage and my Freedom ( servitude et liberté)
En 1860, Douglass soutient le candidat Abraham Lincoln, il dira : « Une victoire républicaine devrait être saluée comme un triomphe anti-esclavagiste.
Le 10 août 1863, Douglass vint à la maison blanche pour parler de l'incorporation des noirs dans l'armée fédérale, le leader abolitionniste protesta auprès du président Abraham Lincoln contre les mesures discriminatoires à l'égard des noirs de l'armée, les non-blancs n'avaient pas droit à la même solde que les soldats blancs, ils ne pouvaient non plus être promus au mérite.
Le 4 mars 1864, Douglass est invité à rencontrer pour la seconde fois le président Abraham Lincoln pour fêter la deuxième année d'investiture. Ce fut la première fois, qu'un président américain recevait un noir libre lors d'une soirée officielle, au cours de celle-ci un incident se produisit : le policier qui était chargé de contrôler les invités refusa l'entrée à Douglass, simplement parce qu'il était noir, le président mit au courant vint le chercher lui même et lorsqu'il le fit pénétrer dans la salle de réception, il s'adressa à ses invités :
"Voici mon ami Douglass, il n'y a personne dans le pays dont l'opinion m'importe plus que la votre."
En 1865 ( année de l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis) Douglass, déclare lors d'un meeting que « l'esclavage disparaîtra totalement le jour où les noirs américains obtiendront le droit de vote ». Petit rappel, un siècle plus tard les noirs du sud n'avaient toujours pas le droit de vote.
L'apogée et la fin de vie d'un grand homme
En 1877, Douglass après l'investiture du nouveau président républicain Rughenford.B.Hayes, obtenait un poste de U.S Marshal à Washington, il revint dans l'Etat de Maryland pour rendre visite à ses anciens amis et revoir les fermes et les plantations où il avait travaillé comme esclave, il rendit également visite à son ancien maître, Thomas Auld.
En 1880, suite à l'élection du président James Gurfield, Douglass fut nommé à un poste de greffier à Washington.
En 1881, il publia son troisième livre autobiographie « Life and Time of Frederick Douglass ».
En 1882, sa femme Anne Douglass mourut après une longue maladie
En 1884 , Douglass se remariait avec Helen Pitts, une femme blanche de 20 ans sa cadette.
Entre 1889 et 1891, il est consul-général des Etats-Unis à Haïti.
Le 20 février 1895, Frederick Douglass mourut à Washington, il avait 77 ans et fut le premier leader noir américain.