Abolition de l'esclavage en Guadeloupe et Guyane

Abolition de l'esclavage en guadeloupe

Soulèvements chroniques
Alors que dans l'Hexagone, des voix se font entendre contre la poursuite du système servile, les esclaves tentent à de nombreuses reprises de se soulever contre leurs maîtres. A chaque fois la répression est sanglante. Ces soulèvements chroniques inquiètent beaucoup l'aristocratie française qui craint que les colonies accèdent à l'indépendance, comme Haïti en 1804.
En Guadeloupe, conscients que les esclaves parviendront tôt ou tard à arracher leur liberté, les maîtres tiennent à contrôler le processus d'émancipation. Ils refusent que l'Abolition se fasse dans la violence, et, surtout, de perdre leurs privilèges et leur toute puissance économique. Dès 1847, le conseil colonial de la Guadeloupe élabore des stratégies et des méthodes d'indemnisation en prévision de l'Abolition qui parait inéluctable

L'Abolition est décrétée
Un an plus tard, l'Abolition est à l'ordre du jour mais la question de l'indemnisation n'est pas encore réglée. Les maîtres tiennent avant tout à être dédommagés, et pour cela ils ont besoin de gagner du temps. C'est dans ce but qu'ils tentent par tous les moyens d'apaiser les esprits des esclaves. Au début du mois d'avril, le gouverneur Layrle s'adresse à eux, leur promettant une abolition proche. Quelques jours plus tard, les châtiments corporels sont interdits.
Enfin, le 27 avril, l'Abolition est officiellement déclarée, et les colons obtiennent d'être indemnisés par l'Etat. Le décret part pour les Antilles. Le 22 mai, sur l'île voisine de Martinique, les esclaves se révoltent violemment et les colons, dépassés, n'ont pas eu d'autre choix que de proclamer l'Abolition avant l'arrivée du texte.

Le 27 mai
Les esclaves guadeloupéens s'organisent à leur tour. Les rassemblements et les émeutes de plusieurs milliers d'entre eux poussent le gouverneur à déclarer l'Abolition le 27 mai 1848. Quant au décret envoyé par Paris, il arrivera plus d'une semaine après que les esclaves eurent repris leur liberté. La futur des affranchis restera toutefois aussi obscur que ceux de leurs cousins de la Martinique.
Depuis 1983, le 27 mai est une journée de commémoration fériée en Guadeloupe.






Abolition de l'esclavage en guyane

Le décret d'abolition de l'Esclavage est adopté le 27 avril 1848, sous l'influence de Victor Schoelcher. Ce décret qui affirme que « Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves », doit encore être acheminé jusque dans les colonies. Une fois sur place, la loi prévoit un délai de deux mois avant qu'il soit appliqué.
En Martinique et en Guadeloupe, les esclaves n'ont pas attendu tout ce temps. Ils ont arraché leur liberté avant même l'arrivée du décret sur leurs terres. En Guyane, les colons parviennent à contrôler leur main d'½uvre jusqu'à l'arrivée du décret, le 10 juin 1848. Il est promulgué le jour même par le gouverneur Pariset. Le décret annonce aux esclaves leur libération prévue pour le 10 août mais les contraint à continuer travailler pour les anciens maîtres, en leur promettant une rémunération "honnête".

Le 10 août, jour de la libération

Le jour dit, les esclaves sont libérés de leurs chaînes. Ils échangent leur matricule contre un patronyme. Alors que les colons sont indemnisés, le paiement promis aux anciens esclaves par Pariset ne s'avère qu'un leurre. Les "salaires" proposés sont misérables et ne permettent même pas de survivre. Les nouveaux hommes libres feront souvent le choix de quitter les plantations, ce qui mettra un terme à la prospérité des colons.

La Guyane est le seul département français d'Outre-mer où l'on commémore la date d'arrivée du décret d'abolition, le 10 juin, soit deux mois avant la date effective de la libération, qui est le 10 août











# Posté le lundi 06 novembre 2006 05:08

Modifié le mardi 07 novembre 2006 02:24

Les emeutes de Saint Pierre (Martinique)

En Martinique comme ailleurs, les esclaves n'ont jamais cessé de lutter pour obtenir leur liberté. Le 27 avril 1848, sous l'impulsion de Victor Schoelcher, un décret proclamant l'abolition de l'Esclavage dans les colonies françaises est enfin adopté. Il entre en vigueur le 23 mai en Martinique.

La révolte gronde

En Martinique, après la publication du décret à Paris, les esclaves ont vent de ce qui se prépare dans l'Hexagone. Tous les jours, on espère l'arrivée du décret salvateur abolissant l'Esclavage. Les esclaves doivent être affranchis dans les deux mois qui suivent... Cependant, les journées puis les semaines passent et la libératiotant espérée n'arrive pas. Les esclaves craignent que ce décret soit factice. En effet, le rétablissement de l'Esclavage huit ans après son abolition en 1794 reste gravé dans les esprits.
Certains bourgeois de couleur et quelques démocrates blancs s'allient à la cause des esclaves et entrent en campagne pour réclamer leur libération immédiate. Les esclaves sont à bout, le sentiment de révolte prend de plus en plus d'ampleur.


Les émeutes de Saint-Pierre

Les 21 et 22 mai 1848, l'île est le théâtre de nombreuses émeutes. A Saint-Pierre, un esclave est arrêté et conduit en prison pour avoir joué du tambour. La nouvelle se répand très rapidement. C'est l'embrasement. Plus de 2000 esclaves se saisissent de coutelas, de lames et de bâtons et vont réclamer sa libération. Ils se heurtent à des maîtres armés de fusils, et 25 esclaves sont tués. La vue de ces cadavres et des nombreux blessés décuple la volonté des insurgés. Ils menacent d'incendier toute la ville. Paniqué, conscient de son impuissance face à la détermination des esclaves, le conseil municipal se réunit d'urgence et vote l'entrée en vigueur immédiate du décret d'abolition à Saint-Pierre.

Le décret entre en vigueur

Le lendemain, le 23 mai, alors que des incidents similaires se déroulent dans d'autres villes de la Martinique, le gouverneur décrète l'abolition de l'Esclavage et l'abandon des poursuites contre les insurgés. Conformément au décret voté à Paris, les colons sont indemnisés pour la perte de leur main d'½uvre gratuite. Quant aux esclaves, ils ne bénéficient pas de ces largesses et devront survivre par leurs propres moyens.
Chaque 22 mai, les Martiniquais commémorent par un jour férié non pas l'application locale du décret, mais la révolte de Saint-Pierre qui a permis l'Abolition.
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# Posté le lundi 06 novembre 2006 04:15

Modifié le lundi 06 novembre 2006 05:01

abraham lincoln, les Noirs et la guerre de secession

abraham lincoln, les Noirs et la guerre de secession
En 1862 l'émancipation est proclamée dans le nord des Etats-Unis d Amerique
Lincoln le president de l'union est engagé depuis le debut de la decenie dans une guerre avec le sud du pays alors esclavagiste
Nous reconnaissons a Lincoln le merite davoir aboli lesclavage ( qui engendrera la segregation raciale, voir un prochain article). Cependant il est difficile de croire q'un homme et tout un pays blanc aient envoyée des centaines de milliers d'hommes au massacre contre leurs freres sessecionistes pour une histoire de negres. Meme libres, les noirs n'avaient alors pas la vie rose dans le nord(voir le film Glory avec Denzel Washington et Morgan Freeman)

Il est vrai que le nord industriel convoitait les ressources du sud. La luttre contre l'esclavage pourrait ètre un casus beli, comme dit precedement il est difficile dimaginer des centaines de soldats de lunion mourir pour "quelques" millions de negres esclaves.

Nous reconnaissons pourtant que Lincoln était un homme du peuple venant d'un milieu modeste, et proche d'anti-esclavagiste comme Frederique Douglas (qui était un noir de la 'haute")

Aucun pays occidental ne s'était lancé dans une quelconque guerre contre l'Afrique du Sud de l'Apartheid, la condamnation internationnale s'étant faites attendre. En effet l'Afrique du Sud n'étant pas un enjeu économique

Lincoln que beaucoup d'afro-américains on et respectent encore aujourd'hui etait-il donc vraiment un homme bon ou bien un manipulateur? L'histoire nous apprend que c'était un homme bon...A chacun de se documenter la dessus pour faire aparaitre la réponse (avery.skyblog.com Doc X)


"L'égalité des Nègres ! Sornettes ! Combien de temps encore [verra-t'on] des fripons vendre et des imbéciles vanter un tel vulgaire morceau de démagogie. "
Abraham Lincoln, représentant de l'Illinois au congrès - 1859


Resumé de la guerre de Sécession



(Guerre civile qui opposa, entre 1861 et 1865, la Confédération des États américains du Sud aux États du Nord, loyaux à la constitution des États-Unis d'Amérique)

"Pendant le premier quart du XIXe siècle, la Frontière se déplaça vers l'ouest, jusqu'au Mississippi et au-delà. En 1828, les électeurs américains portèrent pour la première fois à la présidence un « outsider » : Andrew Jackson, issu d'une famille pauvre du Tennessee et étranger aux traditions culturelles de la côte atlantique.

Si, en apparence, l'ère jacksonienne fut une période d'optimisme et d'énergie, la jeune nation restait prisonnière d'une contradiction. Les nobles termes de la Déclaration d'Indépendance, selon laquelle « tous les hommes sont créés égaux », étaient vides de sens pour 1,5 million d'esclaves. En 1820, les hommes politiques sudistes et nordistes examinèrent la question de la légalité de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Le Congrès parvint à un compromis : l'esclavage serait autorisé dans le nouvel État du Missouri et sur le territoire de l'Arkansas mais interdit partout ailleurs à l'ouest et au nord du Missouri. L'issue de la guerre contre le Mexique (1846-1848) accrut les possessions territoriales des Américains et posa à nouveau la question de l'extension de l'esclavage.

En 1850, un autre compromis permit d'admettre la Californie au sein de l'Union en qualité d'État libre et conféra aux citoyens de l'Utah et du Nouveau-Mexique le droit d'autoriser ou non l'esclavage à l'intérieur de leurs frontières (ils refusèrent).

Mais les ranc½urs persistaient. Après l'élection à la présidence en 1860 d'Abraham Lincoln, adversaire de l'esclavage, onze États quittèrent l'Union et se proclamèrent membres d'une nouvelle nation indépendante : les États confédérés d'Amérique, lesquels regroupaient la Caroline du Sud, le Mississippi, la Floride, l'Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, l'Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord. Ainsi éclata la guerre de Sécession. L'armée confédérée l'emporta au début des hostilités et certains de ses commandants, en particulier le général Robert E. Lee, furent de brillants stratèges. Mais l'Union disposait de forces supérieures en hommes et en ressources.

Pendant l'été 1863, Lee joua son va-tout en envoyant ses troupes dans le Nord jusqu'en Pennsylvanie. Il se heurta à l'armée de l'Union à Gettysburg, où eut lieu la plus grande bataille qui ait jamais été livrée sur le sol américain. Au bout de trois jours de combats désespérés, les Confédérés durent s'avouer vaincus. Au même moment, sur le Mississippi, le général nordiste Ulysses S. Grant, prenait la ville de Vicksburg. L'Union contrôlait désormais toute la vallée du Mississippi, coupant en deux la Confédération.

Deux ans plus tard, après une longue campagne où s'affrontèrent les armées commandées par Lee et Grant, les Confédérés capitulèrent. La guerre de Sécession fut l'épisode le plus traumatisant de l'histoire des États-Unis. Mais elle régla deux problèmes qui tourmentaient les Américains depuis 1776. Elle abolit l'esclavage et confirma que le pays ne se composait pas d'États semi-indépendants mais formait une nation, une et indivisible."





la place du noir pendant la guerre de secession


Dans le Nord où ils furent d'abord libérés, les noirs organisèrent des sociétés de secours pour venir en aide à leurs frères esclaves ou nouveaux affranchis et s 'efforcèrent de les instruire.
Les femmes s'engagèrent comme aides hospitalières ou infirmières.
Les hommes servirent l'Union comme matelots, ordonnances, cuisiniers et ouvriers dans l'armée.
A l'été 1862, les Noirs furent officiellement autorisés à s'engager dans l'armée mais l'accès aux grades d'officiers leur était interdit et c'est seulement en juin 1864 que leur solde devint égale à celle de leurs camarades blancs (voir le film "Glory" de Edward Zwick, (1989) avec Matthew Broderick et Denzel Washington, qui conte l'histoire d'un bataillon noir engagé dans la guerre civile) .

Dans le Sud, les révoltes des Noirs se firent plus régulières: ils brûlèrent les champs, tentèrent de prendre les armes contre leurs « maîtres », ...
Par contre, d'autres restèrent aux côtés de leurs maîtres, par attachement, par menace ou par incapacité à gérer cette liberté : ils n'avaient connus qu'eux et ne savaient quoi faire seuls, une fois la guerre terminée.


DE TRES NOMBREUX NOIRS ONT COMBATTU AVEC L'ARMEE NORDISTE ET CELA NE M'ETONNERAI PAS LE MOINS DU MONDE QU'ILS AIENT ETE ENVOYER EN PREMIERE LIGNES, ENCORE UNE FOIS L'HISTOIRE BLANCHE VEUT NOUS FAIRE CROIRE QUE C'EST PAR L' ULTIME GENEROSITE DU POUVOIR LEUCODERME QUE LE NOIR N'EST PLUS ESCLAVE...

# Posté le mercredi 01 novembre 2006 02:40

Modifié le mercredi 01 novembre 2006 09:41

Frederick Bailey / Douglas (http://blackcesar.com)

Frederick Bailey / Douglas (http://blackcesar.com)

Une enfance choquante


La vie de Frederick Bailey (plus tard Douglass) commence en février 1818, il est né à Holmes Colline Ferme, sur le rivage de l'est Maryland, sa mère Harriet Bailey, esclave, travaillait au Cornfields Colline, le peu de chose qu'il savait de son père, c'est qu'il était blanc, il appris plus tard que son maître Captain Anthony était son père biologique.
A l'age de 6 ans il rejoint ses frères et soeurs sur la plantation Lloyd, c'est là que Frederick fut confronté à sa condition d'esclave, des enfants de 7 à 10 ans plus âgés et des deux sexes se retrouvaient nus dans la même pièce, avec pour nourriture de la bouillie de farine de mais et l'eau du sol comme boisson.
A l'age de 7 ans sa mère décède, le seul souvenir du jeune Frederick est que sa mère avait été louée à un propriétaire qui habitait à 12 km , elle venait le voir uniquement la nuit, il fallait avoir l'autorisation du maître, autorisation qu'elle ne eut jamais , elle profitait de la nuit mais devait rentrer avant le levé du jour sous peine d'être fouettée, si le maitre l'apprenait.


Mauvais traitements

En 1826, il fut envoyé à Baltimore pour travailler chez un riche armateur, Hugh Auld, cousin lointain de Captain Anthony , sa femme Sophie Auld, lui appris à lire et à écrire, Hugh mis au courant décida de s'en séparer.
En 1833, à l'age de 15 ans, Frederick est légué à Thomas Auld, fils de Hugh, les esclaves faisant parti de l'héritage comme des biens immobiliers, son nouveau maître affamait ses esclaves et les traitait pire que ses bêtes
En 1834, pour cause d'indiscipline Thomas Auld prêta Frederick à Edward Covey, un fermier qui avait la réputation de « casser de l'esclave », après un séance interminable de coup de fouet, Frederick s'échappe et demande de l'aide à Thomas Auld, celui ci l'ignore et le renvoie à Covey, il est battu de plus belle, mais Frederick trouva la force de ne pas faire apparaître ses souffrances, il résiste car il sait que ce traitement renforce sa détermination à être un homme libre.


Instinct de liberté

En 1836, après l'échec d'une tentative d'évasion vers les Etats non esclavagistes, il passa une semaine en prison, il fut libéré par Thomas Auld. Celui ci l'envoya à Baltimore où il devint calfat, en moins d'une année, il devient le meilleur employé, il touchait un salaire mais devait renverser la totalité à son maître, mais un jour Frédérick décida de ne plus reverser son salaire, son maître le fit licencier, c'était le moment Frederick savait qu'il était temps de s'en aller.

En 1838, empruntant les papiers d'un noir libre, Frederick quitta Baltimore et prit le train pour Philadelphie, il arriva à New-York déguisé en marin, Frederick se maria à Anne Murray, une domestique. Pour rendre plus difficile sa capture par des chasseurs d'esclaves à la solde des propriétaires sudistes, il changea de nom, Frederick Baily devint Frederick Douglass, il collabore au journal Libertador, une revue édité par le leader anti-esclavagiste, William Lloyd Garrison, il s'impliqua rapidement dans ce journal mais aussi au sein de la communauté noire de New-Belford où il devint prédicateur à l'église méthodiste, il s'engagea dans la bataille contre la tentative par les politiciens du sud de renvoyer par la force des noirs affranchis en Afrique


710 dollars pour la vie d'un homme

En 1841, lors d'un meeting abolitionniste , Frederick alors âgé de 23 ans, rencontra pour la première fois William Lloyd Garrison, il remarqua immédiatement le potentiel de Frederick autant qu'orateur, il lui demanda de devenir conférencier pour le mouvement.
En 1844 , Douglass décida de publier l'histoire de sa vie, le livre « The narrative of the life of Frederick Douglass » est imprimé à 5000 exemplaires, immédiatement l'autobiographie devint un best-seller.

En 1845 Douglass s'embarqua pour l'Angleterre, c'était pour lui une opportunité de parler à un auditoire anglais et d'essayer de gagner des appuis pour le mouvement anti-esclavagiste américain. En 1838, tous les esclaves à l'intérieur de l'empire britannique avaient obtenu progressivement leur émancipation et étaient désormais libres.
Automne 1846, deux amis Anglais décident de résoudre son problème d'esclave fugitif, ils l'achètent à son maître Thomas Auld sa liberté, le montant de la transaction s'éleva à 710,96 dollars.
Le 5 décembre 1846, Thomas Auld signa les papiers qui déclaraient Frederick Douglass, homme libre à 28 ans.


Retour aux U.S.A et début d'une politique virulente

En 1847, Douglass revient en Amérique, il avait quitté les Etats-Unis en auteur et conférencier respecté, il était revenu dans son pays avec une immense réputation internationale, il débutait une seconde carrière par la création d'un hebdomadaire le North-Star, ce qui marqua la fin de sa dépendance vis-à-vis de William Garrison, Douglass contestait l'idée de Garrison qui prêchait la non-violence dans sa lutte conte l'esclavage, au début de son engagement politique, Douglass prônait la non-violence, mais après l'adoption par le congrès américain en 1850 de la loi sur les esclaves fugitifs, son pacifisme disparut de ses discours, il appela à l'utilisation de la violence pour mettre fin à l'institution de l'esclavage : « les propriétaires d'esclaves, ces tyrans et despotes n'ont pas le droit de vivre, la seule façon de s'assurer que la loi sur les esclaves fugitifs restera lettre morte, c'est de tuer une bonne demi-douzaine de chasseurs d'esclaves ; qui veut être libre doit frapper lui même.

En 1852, dans un discours donné à Rochester, le jour de la fête nationale, Douglass montra comment les noirs voyaient le jour de la célébration différemment des blancs. « Qu'est-ce que le 4 juillet pour un esclave noir américain ? C'est le jour où il découvre plus que tout autre jour de l'année, la grande injustice et cruauté dont il est constamment victime. Pour lui, votre célébration est une supercherie, un mince voile dissimulant les crimes qui déshonorent une nation sauvage, il n'y a aucune nation sur terre coupable de pratiques plus choquantes et sanglantes que sont les Etats-Unis ».


Douglas continue la lutte pour les siens

En 1855, il écrivait son deuxième livre : Bondage and my Freedom ( servitude et liberté)
En 1860, Douglass soutient le candidat Abraham Lincoln, il dira : « Une victoire républicaine devrait être saluée comme un triomphe anti-esclavagiste.
Le 10 août 1863, Douglass vint à la maison blanche pour parler de l'incorporation des noirs dans l'armée fédérale, le leader abolitionniste protesta auprès du président Abraham Lincoln contre les mesures discriminatoires à l'égard des noirs de l'armée, les non-blancs n'avaient pas droit à la même solde que les soldats blancs, ils ne pouvaient non plus être promus au mérite.
Le 4 mars 1864, Douglass est invité à rencontrer pour la seconde fois le président Abraham Lincoln pour fêter la deuxième année d'investiture. Ce fut la première fois, qu'un président américain recevait un noir libre lors d'une soirée officielle, au cours de celle-ci un incident se produisit : le policier qui était chargé de contrôler les invités refusa l'entrée à Douglass, simplement parce qu'il était noir, le président mit au courant vint le chercher lui même et lorsqu'il le fit pénétrer dans la salle de réception, il s'adressa à ses invités :

"Voici mon ami Douglass, il n'y a personne dans le pays dont l'opinion m'importe plus que la votre."

En 1865 ( année de l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis) Douglass, déclare lors d'un meeting que « l'esclavage disparaîtra totalement le jour où les noirs américains obtiendront le droit de vote ». Petit rappel, un siècle plus tard les noirs du sud n'avaient toujours pas le droit de vote.


L'apogée et la fin de vie d'un grand homme

En 1877, Douglass après l'investiture du nouveau président républicain Rughenford.B.Hayes, obtenait un poste de U.S Marshal à Washington, il revint dans l'Etat de Maryland pour rendre visite à ses anciens amis et revoir les fermes et les plantations où il avait travaillé comme esclave, il rendit également visite à son ancien maître, Thomas Auld.
En 1880, suite à l'élection du président James Gurfield, Douglass fut nommé à un poste de greffier à Washington.
En 1881, il publia son troisième livre autobiographie « Life and Time of Frederick Douglass ».
En 1882, sa femme Anne Douglass mourut après une longue maladie
En 1884 , Douglass se remariait avec Helen Pitts, une femme blanche de 20 ans sa cadette.
Entre 1889 et 1891, il est consul-général des Etats-Unis à Haïti.

Le 20 février 1895, Frederick Douglass mourut à Washington, il avait 77 ans et fut le premier leader noir américain.

# Posté le mercredi 01 novembre 2006 02:33

La Venus Vottentot

La Venus Vottentot
Sarah ou Saartjie (surnom que lui avait donné son maître Blanc) née en 1789 de l'ethnie Khoi alors surnommée Hottentote.
Saartjie (Sara) Baartman devient très jeune, l'esclave d'un fermier boer -colon hollandais d'Afrique du Sud- après le massacre de sa famille. Elle est convaincue par un sergent de la marine anglaise, William Dunlop, que tous deux pourraient faire fortune en Angleterre où la haute société paierait des sommes considérables pour admirer ses particularités anatomiques, fessiers et organes génitaux tout spécialement protubérants

Or pour pouvoir remarquer l'hypertrophie des atouts génitaux d'une femme, il faut bien que ses maîtres esclavagistes s'y soient intéressés de très près. Ils s'intéressent à l'anatomie mais abhorrent la couleur de la peau «A vendre ce que les juifs n'ont pas vendu» sifflait Arthur Rimbaud.

Elle accepte d'embarqué en 1810, le nom de Saartjie Baartman lui est attribué par Dunlop, au départ pour Londres, mais elle y sera exploitée sous l'étiquette de Hottentot Venus, pour coller à l'attraction qu'elle devait représenter. Pendant 4 ans exposée et exhibée en Angleterre, de cirques en musées, de musées en bars et même dans les universités, l'infériorité étant scientifique, c'est l'intervention d'un activiste anti-esclavagiste d'origine jamaïcaine, Robert Wedderburn qui perturbera la rentabilisation du capital.

Sarah est vendu à un Français dresseur d'animaux nommé réaux. Baartman se retrouva dans une cage, la corde au cou et forcée d'exhiber ses organes et atouts génitaux comme un animal. Elle devint une bête de foire et exhibée dans toute l'Europe.
Usé par les viols de son maitre et de ses proches, obligée de se prostituer, Sarah mourru dans la misère à Paris en 1816 (26 ans!).

Le "scientifique" français renommé georges cuvier proclama que Sarah Baartman était la preuve vivante de l'existence du chaînon manquant entre la forme la plus évoluée du règne animal et la forme la plus élémentaire de l'espèce humaine.

cuvier fit un moulage en plâtre de son corps au complet et conserva son squelette ; il mit son cerveau et ses organes génitaux en bocaux, et ils furent exposés au Musée de l'Homme à Paris jusqu'en 1976.

Dès 1994, le gouvernement sud-africain, par la voix de son premier président démocratiquement élu demande au président français en visite en Afrique du sud le rapatriement de Baartman. Le socialiste et humaniste ne donna pas suite...La demande sera réitérée par les ministres sud-africains de la culture et des affaires étrangères, sans davantage d'échos. Le musée de l'Homme réaffirmera sa propriété sur les restes humains, et argumentera sur l'intérêt de la recherche scientifique!

En 2001, le gouvernement français dit de gauche plurielle oppose une fin de non-recevoir aux demandes de rapatriement, expliquant que les biens du domaine public sont inaliénables autrement que par une loi...Relevons là encore que non plus au 19ème siècle, ni même au 20ème, mais bien au 21ème siècle, un gouvernement constitué a priori de tout sauf d'extrémistes, parle de domaine public pour les restes humains d'une africaine morte depuis plus d'un siècle et demi, après avoir subi le traitement réservé aux animaux de cirque puis de cobayes de laboratoire. Il aura fallu attendre une loi votée par le parlement français en Février 2002, après presque 10 ans de requêtes de rapatriement relayées par des campagnes médiatiques de sud-africains, surtout ceux de la communauté d'origine de Baartman, les Khoisan, pour que la Venus Hottentot puisse retrouver le chemin de l'Afrique du Sud.

Le Musée déclara de façon mensongère que ces restes avaient été détruits dans un feu et étaient définitivement perdus. Cependant, sous la pression du Sénat français qui venait de passer la loi permettant leur rapatriement, le Musée fut obligé d'avouer publiquement qu'en fait, « rien n'a été perdu ».

Au moment de rendre le squelette, le cerveau et les organes génitaux de Sarah qui étaient en leur possession pour procéder à leur rapatriement en Afrique du Sud, les scientifiques du Musée décidèrent néanmoins de garder le moulage du corps, prétextant qu'il était trop fragile pour supporter le transport.

Cette histoire à peine croyable laisse quelque peu perplexe quant à la réaction des autorités françaises contemporaines par rapport au retour de Baartman en Afrique du sud. Insinuent-elles un doute sur l'abandon réel de l'idéologie de l'infériorité des races? Doute partagé par nombre de politiques, fonctionnaires, hommes de presse au silence retentissant, bien peu semblables à des xénophobes marginaux? Ou alors doit-on penser que l'intérêt des musées vaut davantage que la dignité de certains peuples? N'y a t-il pas d'urgence autre possible en dehors de la noblesse des sujets politiques et de société consacrés à l'Europe et à l'économie à côté desquels tout serait suborné, inférieur?


# Posté le mercredi 20 septembre 2006 20:03