Toussaint Louverture

Toussaint Louverture
Un esclave affranchi

La tradition familiale le fait naître le 20 mai 1743 à l'habitation Bréda, au Haut-du-Cap, propriété du comte de Noé. Cette même tradition le rattache à la lignée des rois d'Allada, ville de l'actuel Bénin, par son père, homme de forte personnalité, très certainement haut dignitaire du royaume du Dan-Homè (Benin).

Les raisons de sa vente comme esclave restent du domaine de l'hypothèse. Cela étant, arraché à sa terre d'Afrique et à une première épouse, cet homme a l'aura d'un chef, connaît les vertus des plantes et marque favorablement les propriétaires de Bréda puisqu'il se voit accorder la « liberté de savane » et la possibilité de cultiver un lopin de terre avec cinq esclaves sous sa direction
Il travaille comme gardien de bétail pour son maître, Baillon de Libertat, qui l'affranchit en 1776. Il fut aussi successivement commandeur, cocher et surveillant de la plantation Bréda dans la colonie française de Saint-Domingue. Il est alors un homme libre et devient maître de biens et d'esclaves. Toussaint acquiert une petite fortune grâce à la culture du café, dont Haïti est le premier fournisseur mondial.


Une ascension hiérarchique rapide

En 1789, la Révolution française provoque d'énormes répercussions dans l'île : Dans un premier temps, les grands Blancs envisagent l'indépendance, les petits blancs revendiquent l'égalité avec les premiers et les non-blancs libres, l'égalité avec les précédents.
Les esclaves noirs profitent de l'occasion pour se révolter. A cette date, les esclaves étaient 480 000 sur l'île, pour 30 000 colons blanc. Lors de la réunion, le serment du bois Caïman, dans la nuit du 22 au 23 Août 1791, le signal de l'insurrection contre la tutelle française est donné.
La situation est tendue et les révoltes sont nombreuses. Le 8 Mars 1790, l'assemblée française reconnaît les droits des affranchis. Les espagnols et les anglais attaquent les positions françaises. l'île s'embrase. En août 1791, les esclaves de la plaine du Nord se révoltèrent.

Toussaint devint aide-de-camp de Georges Biassou, commandant des esclaves qui, s'allièrent aux espagnols en 1793 pour renverser les français esclavagistes. Toussaint fut initié à l'art de la guerre par les militaires espagnols. A la tête d'une troupe de plus de trois mille hommes, il remporta en quelques mois plusieurs victoires. On le surnomma dès lors Louverture. Il devint général des armées du roi d'Espagne. Assisté de ses lieutenants Dessaline et ChristopheToussaint ne tarde pas à devenir incontournable .

Le 29 août 1793 il lançe sa proclamation où il se présentait comme le leader noir :

"Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s'est peut-être fait connaître jusqu'à vous. J'ai entrepris la vengeance de ma race. je veux que la liberté et l'égalité règnent à saint-Domingue. Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l'arbre de l'esclavage."

Il excita la jalousie de ses chefs, Jean-François et Biassou, qui fomentèrent un complot dont il échappa. Le peu d'attention que lui montrèrent les espagnols acheva de le convaincre que ceux-ci n'entendaient pas abolir l'esclavage.


Toussaint Louverture mate les espagnols

L'armée sous son commandement Toussaint défit en quinze jours ses anciens alliés espagnols et enleva une dizaine de villes. En un an, il refoula les espagnols à la frontière orientale de l'île et vainquit les troupes de ses anciens chefs qui leur étaient restés fidèles.
Son talent n'était pas que militaire. Partout où il passait, il confirmait l'émancipation des esclaves. Il organisait la remise en marche des plantations en invitant les colons à revenir, y compris ceux qui avaient combattu contre la République, et ce, malgré l'avis des représentants de l'autorité française.


Abolition de l'esclavage sous la pression négre

Le 29 août 1793 Léger-Félicité Sonthonax, commissaires de la République française,menacé de toute part, proclame la libération des esclaves dans la colonie afin de ralier les masses noires à l'idéal révolutionnaire. La convention généralise ces décisions en abolissant l'esclavage dans les colonies françaises le 4 fevrier 1794, .

Les planteurs mécontents font appel aux anglais. 7500 soldats venus de Jamaique débarquent en mai 1794 et s'emparent de Port au Prince, la capitale d'Haiti.
La lutte contre les anglais fut plus difficile. Toussaint ne put les déloger du Nord et de l'Ouest. Il connut quelques succès, mais pas décisifs. Fatigués d'une telle résistance, les anglais se décidèrent à négocier. Le 31 août 1798, les anglais abandonnèrent St Domingue.

Après la proclamation de l'abolition de l'esclavage en France et dans toutes ses colonies, et suite à quelques problèmes avec le gouvernement espagnol, Toussaint Louverture se rallie à la France. Il a maintenant 4 000 hommes sous ses ordres et contrôle un vaste territoire. Il est nommé Général en chef de l'armée de Saint-Domingue en 1797, titre avec lequel il commence progressivement à installer un « Pouvoir Noir ».


Main de fer

Décidé à remettre l'économie sur pieds, Toussaint publia le 12 octobre 1800 un réglement de culture introduisant le travail forcé des noirs sur les plantations. Il y eut de nombreux mécontentements. A la fin octobre, les noirs du Nord se révoltèrent, allant jusqu'à égorger les blancs. En quelques jours, Toussaint dispersa les révoltés et fit fusiller 13 meneurs, dont son propre neveu, le général Moïse. Pour rallier les blancs à sa cause, il rappela les émigrés et fit du catholicisme la religion officielle.

Voulant unifier l'île il se tourna vers la partie espagnole de l'île qu'il conquit en un mois a la tête d'une armée de quarante mille hommes environ, entouré de ses lieutenants favoris Dessalines et Christophe, en janvier 1801.
En 1801, il prend le titre de gouverneur général à vie. , il décida, la même année, d'unifier l'île sous son autorité en occupant la partie espagnole.


L'arrestation de Toussaint Louverture

Afin de rétablir la domination coloniale française et de maintenir le régime de l'esclavage selon la législation antérieure à 1789, Napoléon Bonaparte (fortement influencé par sa compagne josephine de bauharnais, une béké né en Martinique) envoya, en 1801, deux forces expéditionnaires, l'une à Saint-Domingue, l'autre en Guadeloupe pour faire tenir la promesse de Toussaint de rétablir les colons et, officieusement, rétablir l'esclavage.

Toussaint mena une guerre de repli, brûlant les villes devant l'arrivée des troupes françaises fin janvier 1802. Les combats sont féroces dans l'île et les troupes envoyées par Napoléon n'arrivent pas à triompher de Toussaint. Puisque le combat loyal ne suffit pas, d'autres méthodes seront utilisées par l'armée francaise (voir article suivant).

On l'arrêta par traîtrise le 7 juin 1802. Il fut envoyé immédiatement en France sur le bâtiment le Héros avec sa femme Suzanne et leurs enfants. Un décret du Premier consul du 23 juillet 1802 stipula de l'enfermer au fort de Joux (Doubs) et de le mettre au secret.


La déportation du prisonnier noir

Il fut immédiatement envoyé en France sur le bâtiment "le Héros" avec sa femme Suzanne et leurs enfants. Un décret du Premier consul du 23 juillet 1802 stipula de l'enfermer au fort de Joux (Doubs) et de le mettre au secret.

Il arrive le 22 Août 1802.

Le pouvoir central refuse un procès, laissant Toussaint croupir en prison où il subit un régime pénitentiaire qui l'anéantit.

Suite à l'évasion de deux prisonniers chouans dans l'année précédente, la sécurité est renforcée. C'est pourquoi Toussaint est enfermé dans une cellule dont la fenêtre est murée aux trois quarts et grillagée, complétée par un volet de tôle durant la nuit. Pour accéder à sa cellule, il faut franchir 4 portes verrouillées. Toussaint Louverture n'a pas le droit de quitter sa cellule, ni communiquer avec l'extérieur.


La mort d'un héros

Il tombe malade très vite, n'étant pas habitué à la rudesse du climat du Massif du Jura. Il meurt le 7 Avril 1803. Il fut inhumé dans l'enceinte du fort. Malgré la disparition du Général Noir, les luttes à Saint-Domingue se poursuivent. Il fut inhumé dans l'enceinte du fort. Après la mort de Leclerc le 2 novembre 1802, son successeur Rochambeau fut vaincu sur le terrain militaire.

Les combats permettront finalement à l'île de devenir indépendante le 1er Janvier 1804. Saint Domingue reprendra alors son nom d'origine, Haïti, signifiant en créole « terre montagneuse » .


Au-delà de la mort

Après l'autopsie du cadavre qui démontre que Toussaint Louverture est mort de maladie pulmonaire, le corps est inhumé sous l'ancienne chappelle Saint-Louis.
Cette dernière sera entièrement rasée en 1879 lors d'importants travaux de modernisation. Les ossements qui y ont été découverts semblent avoir été versés dans les traverses de terre des nouvelles fortifications.

En 1982, une pelletée de cette terre de Joux est transférée symboliquement en Haïti, première république noire au monde proclammée le 1er janvier 1804, quelques mois seulement après la mort de Toussaint Louverture.

# Posté le samedi 29 juillet 2006 06:17

Solitude

Solitude


Fruit d'un viol

La mulâtresse Solitude est née vers 1772 en Guadeloupe, dans la commune du Carbet de Capesterre. Elle est née esclave car elle était la fille d'une négresse bossale. Capturée dans son village natale,sa mere avait été violée lors de la traversée vers les îles.Elle fût donc le fruit des « amours » de vaisseaux négriers.

Selon la légende c'était une belle métisse à la peau souple et brune et ses deux yeux étaient de nuances différentes.



Une enfance torturé

Source de convoitise des maîtres par sa beauté. Après le marronnage de sa mère qui n'avait pas pu l'emmené dans sa fuite, elle fût élevée dans la grande case des maîtres, à la manière des autres mulâtres, qui servaient d'intermédiaires entre les noirs et les blancs.

C'est ainsi qu' elle apprit le français, la couture, et la harpe pour jouer avec la "gentille" fille du maître à peine plus agée qu'elle mais qui lui en faisait voir de toute les couleurs. Celle-ci s'amusait à la foueter violemment, et à monter sur son dos en lui criant "tiens fais le cheval!". Puis il fut le jours ou on l'envoya dans une autre habitation.

La petite Solitude, en a vu de belles choses dans ces habitations comme les viols des maîtres sur elle et les autres esclaves, les corps nus attachés à un poteau et badigeonné de mélasse sucrée dévorés par des fourmis carnivores, des mouches dévorantes, des guêpes et des abeilles.
Le sang qui gicle lorsque le blanc mutilait un poignet, coupait un pied, tranchait une oreille, ou lacérait les parties sexuelles d'un téméraire qui avait tenté la fuite. Des compagnons grillés vivant dans un four à pain ou enfermés dans un tonneau à interieur piqués de clous que l'on faisait dévaler le long d'une pente.

Elle s'était mordu les doigts au sang devant l'effroi de ces hommes ligotés, dont la bouche et l'anus avaient été bourrés de poudre explosive,avant qu'on enflamme la cordelette qui en dépassait.

Elle vécu ainsi jusqu'aux évènements révolutionnaires des années 1790.


Le tournant de son existence

La soufrance se lisait sur son visage, et lorsqu'en 1794 elle fut affranchi lors de la premiere abolition de l'esclavage grace au général Toussaint LOuverture, elle refusa de s'intégrer dans le moule que la République offre à ses citoyens noirs.
Elle choisi alors de rejoindre dans un camp de Goyave les Neg marrons qui s'étaient installés dans les mornes et les bois, et enfouire au tréfonds de sa mémoire l'enfer qu'elle a vécu dans les habitations, sachant bien qu'elle ne pourra jamais l'oublier. Mais les autorités de l'ile n'aimaient pas voir des regroupements de Noirs livrés à eux-mème, suspect d'avoir fui la liberté, l'égalité, la fraternité et le travail forcé.

C'est alors qu'en février 1798, que les gardes nationaux blancs du nouveau chef de la guadeloupe, le générale Desfourneaux, attaquent par surprise le camp de Goyave et anéantit sous les obus presque tous les marrons qui s'y trouvaient avec femmes et enfants.
Solitude et quelques survivants en on réchappé de justesse. Sentant le danger par le hululement des conques de lambis des guetteurs posté pour suveiller les intrus, elle détala dans les profondeurs de la forêt.


Solitude rejoint le soulevement de Delgres

Lorsque Napoléon Bonaparte décida de rétablir l'esclavage dans les colonies, dont la Guadeloupe, cela déclencha de nombreuses insurrections dans l'île. Car les nègres ayant goûté à la liberté ne voulaient la laisser s'échapper.
Les officiers antillais s'engagent spontanément aux cotés de delgrès.
A la suite de son plaidoyer les familles,les femmes, les adolescents arrivent par petit groupe armés de gourdins, de piques et de coutelas. Parmi ces femmes, qui aux cotés des hommes luttent dans cette guerrila inégale, soignent les blessés, réconfortent les enfants effrayés, Solitude est la pistolet à la main. Elle est enceinte de son compagnon un Neg marron qui sera abatu par un obus.
La compagne de Delgres qui se prénome Marthe Rose est à ses cotés.
Femme sans peur elle combattait farouchement machette à la main face aux soldats du général Richepance.

Combattante de la Liberté pendant l'épopée de Delgrès et Ignace en 1802, ils menèrent bataille sans relâche afin d'atteindre ce dernier souffle de liberté tant espéré. Le tournant de la bataille eu lieu le 21 mai 1802, quand Delgrès et ses troupes sont contraints d'abandonner leur retraite au fort Saint-Charles, pour rejoindre l'habitation Danglemont à Matouba. Là, fût organisé l'îlot ultime de la résistance.
Lors du dernier assaut donné par les hommes de Richepance,accompagnés de nègres qui avaient perdu l'esprit de solidarité, la bataille fit rage jusqu'à ce que Delgrès blessé au genou fit sauté l'habitation. Solitude apparait miraculeuse de ce carnage, elle en sort bléssée avec une poignée de résistants. Sa grossesse lui évite la corde mais pour quelques mois seulement...Elle fut condamnée à mort, excepté le fruit le de son ventre, car elle était enceinte.


L'execution de Solitude

Le 11 juin 1802, la combattante Marthe Rose, femme de Delgrès, est transportée au bourreau sur un brancard. Et le 29 novembre 1802 c'est au tour de Solitude de monter sur l'échachaud après avoir enfanté la veille. La foule immense qui l'accompagne reste
silencieuse.

Le mystère plane encore sur le devenir de son enfant...

# Posté le samedi 29 juillet 2006 06:16

Louis Delgrès

Louis Delgrès
Un esclave soldat

Louis Delgrès est né esclave le 2 avril 1766 à Saint-Pierre en Martinique.
A 17 ans, il entre dans les milices en qualité de fusiller, il en conquiert ses galons en défendant l'île contre les Anglais, il est nommé lieutenant.
A 27 ans, il se distingue au combat de Morne Rouge, il devient Capitaine et participe au siège de l'île de Saint-Vincent où il sera fait prisonnier et conduit en Angleterre, libéré quelques temps après, il est fait chef de bataillon et s'embarque pour la Guadeloupe.
A Paris le 4 février 1794, l'esclavage est aboli, pas par générosité mais avant tout pour que les esclaves rejoignent les troupes républicaines afin de chasser les Anglais hors de la Guadeloupe et de la Martinique.


Trahison françaises

La Guadeloupe débarrassée des Anglais, le pouvoir républicain Français ne respecte pas ses engagements les « nouveaux citoyens » doivent retourner travailler dans les habitations et ne percevront aucun salaire, beaucoup de Guadeloupéens préfèreront le marronnage.
En 1801, Napoléon ayant pris le pouvoir en France envoie Lacrosse en Guadeloupe avec une mission bien précise.
Le 20 octobre 1801, Lacrosse décide de faire arrêter à Pointe-à-Pitre et de déporter la plupart des officiers Noirs, le capitaine Guadeloupéen Ignace averti à temps court sonner l'alarme, il soulève le peuple et libère les Guadeloupéens emprisonnés, le soir même Ignace et ses hommes font prisonnier Lacrosse, mais le Colonel Pélage, un officier Noir le fait évader.


Expedition punitive

Début 1802, ayant signé la paix avec l'Angleterre, Napoléon encouragé par sa femme Joséphine de Beauharnais, une béké (blanc étant né aux Antilles) de Martinique et les békés de Paris, décide de rétablir l'esclavage aux Antilles, il prépare en secret une expédition à destination de Saint-Domingue et de la Guadeloupe, c'est la plus gigantesque expédition qui ait quitté les côtes françaises, les troupes destinées à la Guadeloupe commandées par le général Richepance comptent 7000 hommes.
Quand Richepance débarque en Guadeloupe, il met aussitôt son plan en ½uvre, ses hommes désarment les soldats guadeloupéens et les déshabillent avec des insultes racistes puis sont embarqués et jetés à fond de cale sur des bateaux, mais 150 soldats réussissent à s'échapper, commandés par Ignace, Massoteau, Palerme et Codou, ils quittent Pointe-à-Pitre en emportant leurs armes, leur but donner l'alarme aux Guadeloupéens, sortir le peuple du sommeil où l'avait plongé Pélage.


Resistance

Le 12 mai, Delgrès et ses troupes s'étaient retirés au Fort Saint-Charles.
Le 17 mai, les combats reprennent, Richepance fait bombarder le Fort mais les Guadeloupéens résistent, le lendemain Delgrès et ses hommes arrivent à sortir et infligent de lourdes pertes aux troupes coloniales, Richepance se débat dans de grandes difficultés, c'est alors que Pélage vole à son secours en lui proposant de libérer les soldats guadeloupéens qui avait été jetés à fond de cale et de les replacer sous son commandement. Pélage choisit 600 hommes et lance le 19 mai une violente attaque contre le Fort.


Vous n'aurez pas l'honneur de me prendre en vie

Delgrès, Ignace et leurs compagnons tinrent tête pendant 3 jours, ils décident de quitter le Fort, ils se séparent en deux groupes, le premier commandé par Delgrès, montera à Matouba, Nord de la Basse-Terre, l'autre sous le commandement d'Ignace se dirigera sur Pointe-à-Pitre.
Dans la nuit de 23 mai, Ignace s'établit au Fort de Baimbridge, Pélage qui s'était lancé à sa poursuite, l'attaque au matin du 25 mai, le combat dure toute la journée, mais les munitions manquent aux hommes d'Ignace, Pélage et ses hommes pénètrent vers 6 heures dans le Fort et achèvent les vaincus désarmés.
Ignace, se voyant encerclé par huit soldats qui allaient le faire prisonnier, préfèrera se faire sauter la cervelle en criant « Vous n'aurez pas l'honneur de me prendre en vie ».
Delgrès qui s'était dirigé vers les hauteurs de Matouba, cherchait une position forte où il pourrait mieux résister aux colonialistes et même contre-attaquer, mais la défaite d'Ignace allait entraîner celle de ses frères à Matouba.


Vivre libre ou mourir

Le 28 mai 1802, deux colonnes de soldats de Richepance montent à l'assaut, les combats font rage toute la matinée, Delgrès blessé au genou, n'abandonne pas le champs de bataille, hommes et femmes se battent jusqu'au bout, mais les deux colonnes ennemies parviennent à se rejoindre, tous les combattants se replient et Delgrès leur demande de mourir ensemble, en hommes et femmes libres : « Nous n'avons plus qu'à mourir bravement, nous légueront nos exemples à suivre à ceux qui viendront après nous et qui, plus heureux, connaîtront eux aussi, cette liberté que nous n'avons fait qu'entrevoir ».
A 15h30, Richepance donne le signal de l'assaut final, les Guadeloupéens après s'être défendus pied à pied, se replient à l'intérieur de la maison attirant après eux les soldats français, alors dominant les fracas des combats, Delgrès s'écrie : « Vivre libre ou mourir » . La maison explose alors avec ses 300 occupants, qui avaient choisi cette mort glorieuse plutôt que la honte de l'esclavage. Louis Delgrès avait 36 ans.


La terreur colonialiste

Au soir du 28 mai, Richepance envoyé par Napoléon avait atteint son premier objectif : éliminer la résistance organisée de Delgrès et Ignace, il passe à la deuxième phase de son plan : avec l'appui des békés, il crée un tribunal spécial de répression, pendant plus d'un an, ce tribunal fonctionne en permanence, envoyant des milliers de Guadeloupéens à la mort, parmi eux la femme de Delgrès, Marie-Rose TOTO qui était originaire de l'île de Sainte-Lucie, blessée au moment d'évacuer le fort, elle fut prise et condamnée, elle montra l'exemple du plus grand courage au moment de son exécution, elle fut portée à son bourreau sur un brancard.
Les deux fils d'Ignace, très jeunes encore, s'étaient battus à ses côtés, l'un fut tué au combat, l'autre fait prisonnier et fusillé.


Rétablissement de l'esclavage

3000 Guadeloupéens furent déportés aux Saintes et on évalue à 10 000 le nombre de ceux qui furent tués dans les combats, déportés, massacrés ou fusillés.
Deux mois après Matouba, Richepance prenait un arrêté qui rétablissait l'esclavage à la Guadeloupe. Le fort Saint-Charles fut rebaptisé Fort Richepance à la mort de celui ci au plus grand mépris de la population Guadeloupéenne pour retrouver son nom d'origine mais depuis 1989, le Fort s'appelle à tout jamais le Fort Delgrès.


La résistance continue

Cependant, dans les mornes de l'île, un petit nombre de Guadeloupéens rescapés continuait le combat, parmi eux Codou, Fourme, Jacquet, Corbet, tous compagnons de Delgrès et d'Ignace, les fameux Nèg Marron et nous sommes leurs descendants....

# Posté le samedi 29 juillet 2006 06:15

Resistance Africaine

Resistance Africaine
L'ethnie Bambara qui s'étend sur toute l'Afrique de l'Ouest, du Burkina Faso à la Mauritanie, en passant par la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Sénégal, est principalement implantée au Mali. De l'histoire des Bambaras, on retient qu'ils ont fondé à la fin du XVIe siècle, les royaumes de Ségou et de Kaarta et qu'ils ont résisté, jusqu'au XIXe siècle, à plusieurs invasions d'empires musulmans d'Afrique du Nord.

Le nom d'origine de cette ethnie, les Banmanas - mot signifiant « refus du maître » - témoigne de cette remarquable résistance. Les Bambaras sont donc ceux qui ont refusé de se soumettre aux envahisseurs musulmans et d'être asservis. Regroupés, depuis la chute de leur empire, en lignées patriarcales autour du chef de village, ils vivent aujourd'hui entre traditions animistes et musulmanes.


L'histoire selon le blanc ou l'arabe est maintes est maintes fois falicifiée. En effet on y retrouve le role d'un Noir faible, sauvage, victime, dénué de toute volonté et libéré par la bonne grace de ses maitres.
Il n'en n'est rien...Le Noir a toujours combattu, que ce soit contre les arabes ou les blancs occidentaux le noir a toujours trouvé en lui la force de faire face au combat auquel il etait confronté.

Si le blanc et l'arabe a reussi a pillé, esclavagisé et aliéné notre peuple ce n'est que grace a son vice et a sa fourberie.

# Posté le samedi 29 juillet 2006 06:11

Resistance Senegalaise

Resistance Senegalaise
A cette époque, le Walo constituait une province prospère située à l'embouchure du fleuve Sénégal. Ses habitants, de paisibles cultivateurs, vivaient du commerce avec les caravaniers du commerce transsaharien et avec les gens de Saint-Louis, première capitale coloniale du Sénégal, où ils écoulaient leurs denrées agricoles. Le fleuve séparait le Walo de la Mauritanie où était notamment établie la tribu des Trarzas. D'eux, on ne savait jamais à l'avance s'ils débarqueraient en clients pour échanger des marchandises ou en ennemis pour se ravitailler en captifs. Toujours est-il que depuis l'installation des troupes françaises à Saint-Louis, les Maures ne cessaient d'accentuer leur pression contre le Walo, qu'ils voulaient faire passer sous leur contrôle, afin d'empêcher la région de tomber sous domination européenne.

Cette année là, une longue période d'accalmie avait succédé aux violents affrontements dont les guerriers maures et leurs alliés Toucouleurs étaient une fois de plus sortis vainqueurs. On était au début de la saison sèche et Nder vivait un peu au ralenti. Le Brak (le roi) était à Saint-Louis pour se faire soigner d'une mauvaise blessure reçue lors de la bataille de Ntaggar contre les Maures justement. Comme à l'accoutumée, les dignitaires du royaume étaient du voyage et une bonne partie de la cavalerie les accompagnait.

Ce mardi comme les autres jours, les hommes avaient rejoint les champs dès l'aube, la daba (houe traditionnelle) sur l'épaule. D'autres s'étaient rendus à la chasse, tandis qu'un troisième groupe avait pris la direction du fleuve où étaient amarrés leurs barques de pêcheurs. Seuls quelques tiédos (soldats) étaient restés en garnison, et s'occupaient à astiquer nonchalamment leurs grands fusils de traite.


Soudain un cri d'effroi troubla la quiétude du lieu. En un instant, les rires se figèrent, les pilons tombèrent, les concessions se vidèrent. Tous les regards convergèrent vers la femme qui venait de franchir en trombe l'entrée du tata, ce mur d'enceinte en branchages et terre glaise, censé protéger les villages en cas d'offensive.

La main agrippée à une calebasse ruisselant d'eau bien que vidée de son contenu, la femme haletait, terrorisée : « Les Maures ! Les Maures sont là ! Ils arrivent ! J'étais au bord du lac de Guiers et je les ai vus à travers les roseaux. Une armée de Maures ! Ils ont avec eux une troupe de Toucouleurs conduits par le chef Amar Ould Mokhtar ! Ils s'apprêtent à traverser le fleuve et viennent vers notre village ! »
Toutes les femmes crièrent en même temps. Elles savaient quel sort les attendait... Les Maures avaient repris leurs razzias dans le Walo pour s'approvisionner parmi les autochtones. Un grand nombre d'hommes, de femmes et d'enfants seraient arrachés à leurs familles pour être vendus comme esclaves aux riches familles d'Afrique du Nord. Cela avait toujours été ainsi et Nder y avait perdu bien des fils et des filles.
Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, postés sur l'autre rive du fleuve, les cavaliers enturbannés venus du désert s'apprêtaient à lancer leurs chevaux à l'assaut du village. Les femmes décidèrent aussitôt d'organiser la résistance avec les soldats demeurés sur place.

A la hâte, elles expédièrent les enfants dans les champs avoisinants sous la conduite de leurs aînés, afin qu'ils se cachent dans les hautes tiges de mil. Puis elles se précipitèrent dans leurs cases pour en ressortir vêtues de boubous et de pantalons bouffants, qui d'un époux, qui d'un père, qui d'un frère ; les cheveux dissimulés sous des bonnets d'homme. Elles s'étaient munies de tout ce qui pouvait servir à leur défense : coupe-coupe, lances, gourdins et même de vrais fusils qu'elles s'apprêtaient à manier pour la première fois.



Amazones d'un jour, ces femmes se battirent avec l'énergie du désespoir. Servantes, paysannes, aristocrates, jeunes, vieilles, elles s'engagèrent, animées de leur seul courage, dans la terrible confrontation avec l'ennemi. Dans leurs chants de célébration à la mémoire de ces femmes d'exception, les griots, illustrateurs des pages de l'histoire africaine, assurent que ce jour là, elles tuèrent plus de trois cents Maures. Le combat était cependant inégal. Les tiédos furent rapidement exterminés. Des rigoles de sang bouillonnant s'épandaient en une boue rougeâtre sur le sol de terre battue. Ca et là gisaient pêle-mêle des cadavres et des blessés agonisants.

Face à la farouche détermination des survivantes qui, bien que désarmées, étaient supérieures en nombre à la colonne ennemie, le chef Amar Ould Mokhtar lança à ses troupes l'ordre de dispersion. Les cavaliers du désert rangèrent leurs sabres effilés, prirent leurs blessés en croupe et retraversèrent le lac. Vexé d'avoir été tenu en échec par de simples femmes, le chef maure savait cependant qu'elles ne pourraient résister longtemps malgré leur bravoure. Ne voulant pas risquer d'abîmer la « marchandise », il comptait revenir un peu plus tard, afin de les prendre vivantes pour en tirer un meilleur prix sur les marchés d'esclaves.
Les femmes du Walo se sentirent perdues... A bout de forces, elles ne pouvaient soutenir une seconde attaque. Les hommes avaient tous péri et le messager qui s'était précipité à la recherche de secours, arriverait sûrement trop tard. Tout espoir était vain.


C'est alors qu'une voix s'éleva au-dessus des clameurs, des lamentations et des hurlements de douleur. C'était Mbarka Dia, la confidente de la linguère (reine) Faty Yamar. Elle seule savait se faire obéir des courtisanes énergiques et autoritaires qui entouraient la reine. Prenant appui contre l'arbre à palabres, parce qu'elle-même avait été blessée, elle se mit à haranguer ses compagnes :

« Femmes de Nder ! Dignes filles du Walo ! Redressez-vous et renouez vos pagnes! Préparons-nous à mourir ! Femmes de Nder, devons nous toujours reculer devant les envahisseurs ? Nos hommes sont loin, ils n'entendent pas nos cris. Nos enfants sont en sûreté. Allah le tout puissant saura les préserver. Mais nous, pauvres femmes, que pouvons-nous contre ces ennemis sans pitié qui ne tarderont pas à reprendre l'attaque ? »
« Où pourrions-nous nous cacher sans qu'ils nous découvrent ? Nous serons capturées comme le furent nos mères et nos grands-mères avant nous. Nous serons traînées de l'autre côté du fleuve et vendues comme esclaves. Est-ce là un sort digne de nous ? »
Les pleurs s'arrêtèrent, les plaintes se firent plus sourdes... « Répondez ! Mais répondez donc au lieu de rester là à gémir ! Qu'avez-vous donc dans les veines ? Du sang ou de l'eau de marigot ? Préférez-vous qu'on dise plus tard à nos petits enfants et à leur descendance : Vos grands-mères ont quitté le village comme captives ? Ou bien : Vos aïeules ont été braves jusqu'à la mort ! »



La mort ! A ce mot, fusa une sourde exclamation. « La mort ! Que dis-tu Mbarka Dia ? » « Oui mes s½urs. Nous devons mourir en femmes libres, et non vivre en esclaves. Que celles qui sont d'accord me suivent dans la grande case du conseil des Sages. Nous y entrerons toutes et nous y mettrons le feu... C'est la fumée de nos cendres qui accueillera nos ennemis. Debout mes s½urs ! Puisqu'il n'y a d'autre issue, mourrons en dignes femmes du Walo ! »...

Le soleil était maintenant haut dans le ciel. Un silence angoissant s'abattit sur le village. Muettes de désespoir, les femmes s'avancèrent lentement vers la vaste case qui s'élevait, imposante, au milieu du village. Pas une n'avait osé s'opposer à Mbarka Dia, de crainte que l'écho de leur couardise ne rejaillisse sur leur descendance. Une dernière fois elles contemplèrent le décor familier de leur quotidien, laissèrent traîner leurs regards embués de larmes sur les volailles affolées, les greniers pillés, les pilons abandonnés sur le sol, les marmites renversées, les cases éventrées et tous ces cadavres de proches qui commençaient à gonfler sous l'effet de la chaleur...

Alors elles s'entassèrent dans la case principale. Quelques jeunes mères qui n'avaient pas voulu se séparer de leurs nouveau-nés, les serraient contre leurs seins, à les étouffer. La dernière à pénétrer dans la pièce était enceinte et près de son terme. Mbarka Dia ferma la porte. D'un geste précis, elle enflamma une torche et sans même un tremblement, la lança contre l'une des façades de branchages. Aussitôt jaillit un immense brasier. A l'intérieur de la case, les femmes enlacées, serrées les unes contre les autres, entonnèrent, comme pour se donner un dernier sursaut de courage, des berceuses et de vieux refrains qui depuis leur enfance avaient rythmé leurs activités.



Les chants commencèrent à faiblir... aussitôt remplacés par de violentes quintes de toux. C'est alors que la future mère, guidée par son instinct de survie, poussa violemment la porte d'un coup de pied et, happant une goulée d'air, se précipita à l'extérieur où elle s'évanouit sur la terre battue. Celles qui vivaient encore ne bougèrent pas. Quelques-unes eurent le temps de murmurer :
« Qu'on la laisse. Elle témoignera de notre histoire et le dira à nos enfants qui le raconteront à leurs fils pour la postérité. »

Celles qui n'avaient pas encore été asphyxiées continuaient à chercher dans leurs chants de supplique, le courage de rester dans ce cercueil incandescent. Et les voix s'éteignirent peu à peu... Tout à coup, un effroyable craquement domina le crépitement des flammes. La charpente du toit venait de s'affaisser sur les corps. C'est un silence de mort qui accueillit les hommes arrivés trop tard au secours du village. Toutes les femmes de Nder avaient péri. Sauf une.

Les anciens affirment qu'à ce moment là, de gros nuages noirs voilèrent le ciel et tout devint obscur. Comme pour cacher la douleur de ces pères, de ces fils et de ces époux, anéantis par un désespoir que ni leurs cris, ni leurs larmes ni même le temps, ne sauraient apaiser. A partir de ce jour et pendant très longtemps, s'instaura dans le village de Nder un rite connu sous le nom de « Talata Nder », pour honorer la mémoire de ces héroïnes. Chaque année, un mardi du mois de novembre, aucune activité ne venait troubler cette journée de souvenir. Et pendant de longues heures, hommes et femmes, jeunes et vieux, restaient enfermés à l'intérieur de leurs concessions pour prier et rendre hommage au sacrifice des femmes de Nder.

Aujourd'hui, me dit-on, ce petit village du Walo, symbole de résistance, est livré à l'abandon et à l'effacement de la nature, comme de la mémoire. Aucune commémoration ne vient plus rappeler la page d'histoire qui s'y est écrite. Nos dignes ancêtres de Nder ne mériteraient–elles pas mieux que l'indifférence après cette belle leçon d'héroïsme qu'elles nous ont laissée ?

# Posté le samedi 29 juillet 2006 05:58