Les fuyards recréaient des sociétés libres, en lutte contre les puissances coloniales. Retour sur l'existence de ces hommes et femmes que l'Histoire semble avoir oubliés.
Marronner, c'est s'enfuir. Le terme dérive du mot espagnole « Cimarron », lui-même emprunté au langage des amérindiens Arawaks, les premiers habitants des Antilles. Au XVIe siècle, alors que le royaume hispanique étend son Empire de la Caraïbes aux Philippines, le mot s'emploie couramment pour désigner les animaux domestiques redevenus sauvages.
Par extension, « cimarron » désigne les esclaves fuyards qui deviennent des « marrons ». Dans l'imaginaire colonial français, espagnol, hollandais et anglais, le marron symbolise donc le domestique retourné à l'état sauvage, la bête rebelle, farouche et dangereuse.
La résistance des captifs
Dès les premières années de la traite négrière, les esclavagistes furent confrontés à la résistance des Africains captifs. Depuis les comptoirs, du fond des cales des navires jusqu'aux ports coloniaux, les rébellions freinaient ce trafic insoutenable qu'est la traite.
Mais, c'est au coeur même des plantations que les tentatives de subversions furent les plus suivies. Une fois arrivés, les esclaves se voyaient assignés aux travaux des champs de cannes ou à l'entretien de la propriété du maître.
Au cours d'une journée de travail ou d'une nuit sombre et calme, certains profitaient de l'inattention des gardes pour s'échapper. Une fuite au risque de mille périls, au c½ur des bois, dans les profondeurs des forêts ou sur les hauteurs des montagnes, sans garantie d'avenir sinon l'espoir éphémère de la liberté
Août 1789 - insurrection d'esclaves à la Martinique.
Août 1791 - insurrection d'esclaves à St- Domingue.
1795-1796 - insurrection d'esclaves à Grenade et à St-Vincent.
1797 - insurrection d'esclaves à la Jamaïque dans les montagnes bleues.
1800 - insurrection d'esclaves en Virginie.
1801 - insurrection d'esclaves en Guadeloupe.
1804 - Indépendance d'Haïti, première République noire du monde.
1806 - insurrection d'esclaves à Trinidad.
1808 - insurrection d'esclaves à Nazaré au Brésil.
1811 - insurrection d'esclaves en Louisiane.
1822 - insurrection d'esclaves à la Martinique.
1823 - insurrection d'esclaves au Guyana.
1831 - insurrection d'esclaves à la Jamaïque.
1848 - insurrection d'esclaves libératrice - Martinique, Guadeloupe, St-Martin, St-Eustache, Saba, Ste Croix, abolition à la Réunion.